E1 Neyruz - Kalefeld CH-D (717 Km)

07.06.2025

Météo : pluie et nuages menaçants.


Le jour tant attendu est enfin là. Je devrais me réjouir de partir, mais aujourd’hui, c’est différent : je pars pour quatre semaines. Une appréhension me gagne lorsque je me pose la question suivante : « Si je rencontre un problème, je ne pourrai pas rentrer en un jour. »

Ce matin, en me levant, je consulte la météo depuis le salon : il pleut à verse. Les prévisions ne sont pas réjouissantes pour le reste de la journée. Bref, il faut installer les bagages sur la moto.

Avec mon amie et mon fils, nous déjeunons ensemble, puis vient le moment de m’équiper contre la pluie. Quelques bisous, et c’est le départ. Je ne dis rien, mais je ne fais pas le malin — cela se voit sur les photos. Maintenant, j’en ris.

Je dois rejoindre Kalefeld en Allemagne pour la première nuit. Ce n’est pas un trajet très intéressant, car il s’agit de parcourir 717 km sur l’autoroute, avec une météo peu clémente : il pleut, et cela peut encore empirer. En fin d’après-midi, une légère accalmie me permet de souffler un peu.

À mon arrivée à l’hôtel, situé près de la sortie d’autoroute, je décharge mes affaires pour la nuit, puis je prends un repas mérité et me reposer pour reprendre la route le lendemain.


E2 Kalefeld - Hirtshals D-DK (746 km)

08.06.2025

Météo : pluie, soleil en fin de journée


Une deuxième journée de transit qui ressemble à la première : longue et monotone. Ce matin la météo est incertaine et la pluie s’est rapidement invitée.

Au fil de la journée, mon équipement commence à laisser passer l’eau, notamment au niveau du cou. Je change mon tour de cou pour essayer de rester au sec. À environ 100 km de l’hôtel, je ne trouve aucune station-service sur l’autoroute. Craignant de tomber en panne d’essence, je quitte celle-ci pour trouver une station dans un village danois.

En résumé : sur ces 746 km, 600 ont été parcourus sous la pluie. Je ne me souviens pas avoir roulé dans de telles conditions. Il y avait tellement d’eau que même l’intérieur des pneus en était rempli — l’eau s’infiltrait par les rayons, qui ne sont pas étanches.

À l’arrivée à l’hôtel, il n’est pas possible de garer la moto dans un parking fermé. Je monte dans la chambre les affaires essentielles au voyage, pour éviter tout risque de vol.

Pour le dîner, je m’adresse à la personne qui accueille les clients du restaurant. Malgré la barrière de la langue, j’ai fait de mon mieux pour m’expliquer. Elle me répond qu’il n’y a pas de place, malgré plusieurs tables de vides, et me demande de revenir à 20h. Je commande mon plat — mais elle ne fait aucun effort pour me comprendre. Une personne antipathique, sans aucune ouverture d’esprit.

Je me réjouis déjà du lendemain : c’est le jour du départ en ferry pour la Norvège.


E3 Hirtshals - Sandnes N (380 km)

09.06.2025

Météo : Soleil et nuage, arrivée de la pluie le soir


Aujourd’hui marque le troisième jour de mon voyage, et c’est maintenant que l’aventure commence vraiment. Les deux premières étapes n’étaient qu’un transit, nécessaire mais sans grand intérêt.

À 9h30, le ferry part de Hirtshals. Depuis mon hôtel, je n’ai que quelques minutes à parcourir pour rejoindre le port. Sur le trajet, je suis impressionné par le nombre d’éoliennes qui bordent la route.

À l’embarquement, plusieurs véhicules attendent en file. Quand vient mon tour, je présente mon billet et mon passeport. Je ressens un peu de stress : je m’inquiète de la façon dont je vais parquer ma moto et la fixer avec les sangles. Finalement, tout se passe bien. Ma moto est solidement attachée et je peux monter dans les étages du ferry.

L’intérieur est impressionnant : motos, voitures, camping-cars et même camions y sont garés, et ces derniers peuvent manœuvrer à l’intérieur. Une fois tout le monde à bord, le ferry quitte le port pour une traversée de quatre heures en direction de Kristiansand, en Norvège.

Pendant la navigation, je découvre les installations du ferry : restaurants, magasins, salles de repos, cabines avec lits… tout est pensé pour le confort. Depuis le pont, je profite du paysage avant que nous ne nous éloignions trop des côtes. Le vent est fort et la température fraîche. Plus tard, je me repose dans une salle réservée aux passagers, accessible grâce avec mon billet.

Vers 13h30, j’arrive à Kristiansand: enfin, je suis en Norvège ! Depuis le temps que j’attends ce moment… Mais la journée n’est pas finie : il est 14h, et il me reste encore 230 km à parcourir. Je prends la route n°39 en direction de Mandal, qui longe la mer du Nord. C’est une route magnifique, avec ses plages de sable et ses virages à perte de vue.

Je rejoins ensuite la route touristique de Jæren (1), l’une des 18 routes touristiques norvégiennes, et la première que je découvre. Longue de 130 km, elle traverse des paysages variés, avec des gorges et des falaises offrant de superbes vues.

Vers 17h, la pluie commence à tomber. Je dois m’équiper contre la pluie pour les deux heures de route restantes.Vers 19h, j’arrive au camping, où le gérant m’indique une place pour la nuit. C’est la première fois du voyage que je monte ma tente et que j’installe mon matériel pour dormir. Le restaurant du camping est fermé, mais j’ai prévu mon repas : ce soir, ce sera poulet au curry lyophilisé. Pendant que l’eau chauffe sur mon réchaud, la pluie reprend. Je dois terminer mon repas sous la tente.

Je découvre les inconvénients du camping quand la météo n’est pas clémente. Une fois la pluie arrêtée, je profite d’un répit pour aller prendre ma douche et me préparer à dormir. Sur le chemin du retour de la douche, je croise un motard autrichien avec qui j’échange quelques mots sur la manière de s’héberger. Il me confie qu’il a abandonné le camping sous tente et préfère désormais louer des chalets.

Pour résumer, cette journée a été longue — 230 km à partir de 14h — mais elle m’a offert de beaux moments : la traversée en ferry et mes premiers paysages norvégiens.


E4 Sandnes- Eidfjord N (334 km)

10.06.2025

Météo : quelques gouttes de pluie, nuage et enfin un peu de soleil.


Ce matin marque la fin de ma toute première nuit passée sous la tente. Hier soir, alors que je m’apprêtais à me coucher, quelques gouttes de pluie ont commencé à tomber, puis, peu à peu, la pluie s’est intensifiée jusqu’à devenir régulière. Pendant la nuit, j’ai eu froid et je me suis réveillé pour enfiler la doublure de ma veste de moto, ce qui m’a apporté un peu plus de confort, mais sans vraiment rendre la nuit agréable. En résumé, ce n’était certainement pas la plus belle expérience de camping.

Pourtant, lors de la préparation de mon voyage, j’avais pris soin de m’équiper correctement : un lit de camp pliable pour éviter de dormir à même le sol, ainsi qu’un sac de couchage offrant une température de confort de quatre degrés. Malgré cela, la nuit fut fraîche.

Pendant que je fais ma toilette du matin, je ne peux m’empêcher de réfléchir à la suite : comment vais-je tenir les prochains jours dans ces conditions ? Le doute s’installe. Il faut que je range mes affaires, mais la pluie ne cesse de tomber. Je décroche les valises de la moto pour les mettre à l’abri, puis je commence à vider la tente en prenant soin de ne pas trop exposer mes affaires à l’humidité. Je fais des allers-retours entre la tente et les valises, en essayant de garder la chambre intérieure sèche afin de pouvoir la réutiliser le soir suivant. Je démonte d’abord l’intérieur, puis l’extérieur, avant de tout ranger dans le sac et de charger la moto.

Après deux heures de rangement, je peux enfin penser à ma journée. Je ne suis pas en forme et je me dis que je ne tiendrai pas quatre semaines comme ça. J’appelle mon amie pour lui parler de mes soucis, elle me conseille de dormir en priorité dans des hôtels, des maisons d’hôtes ou des hyttes, ces petits chalets de camping typiques. Cela me coûtera un peu plus cher, mais je peux me le permettre. En quelques minutes, je retrouve toute ma motivation et je commence à chercher un hôtel pour le soir. J’en trouve un à Eidfjord, dans le même village où je me rends.

Dans ma tête, tout redevient clair : je peux me concentrer sur ma journée, qui prévoit 334 kilomètres entre Sandnes et Eidfjord. Pour cette étape, j’avais prévu de monter au sommet de Preikestolen, cette célèbre falaise norvégienne qui domine le Lysefjord à 604 mètres d’altitude. Il faut environ deux heures de marche pour atteindre le sommet, et autant pour redescendre. Mais vu la météo, je dois me rendre à l’évidence : cette randonnée ne sera pas possible.

Depuis Sandnes, je prends la route vers Lauvvik pour embarquer sur le ferry en direction d’Oanes. C’est le premier ferry que j’utilise à l’intérieur du pays pour passer d’une route à l’autre. Le système est bien pensé et parfaitement organisé : sur le bateau, un employé passe et scanne la plaque d’immatriculation. Si le véhicule n’est pas enregistré en ligne, il facture le trajet et on règle le montant par carte ou smartphone.

Depuis le ferry, j’aperçois le pont Lysefjordbrua qui traverse le fjord. Une fois débarqué, je commence à suivre la route touristique Ryfylke, longue de 260 kilomètres. Vers le quarantième kilomètre : c’est là que j’aurais dû bifurquer à droite pour monter à Preikestolen. Mais la pluie est toujours présente, alors je continue sur cette route qui serpente entre les forêts et longe le fjord, offrant des paysages magnifiques.

À Hjelmeland, j’embarque sur le deuxième ferry de la journée pour rejoindre Nesvik, situé à seulement quatre kilomètres. Ensuite, je poursuis ma route vers Eidfjord, en empruntant la route touristique Hardanger, réputée pour ses panoramas et ses nombreuses cascades, dont la célèbre Latefossen.

En longeant le Lovrafjorden, j’ai une belle vue sur l’île de Lovrafjorde, avec ses maisons rouges aux fenêtres blanches, entourées d’arbres. Je profite de l’occasion pour faire un détour par le village de Sand, au bord du fjord, où je m’accorde une courte pause. Mais si je veux arriver à l’hôtel avant le soir, il est temps de repartir. Je longe le fjord Sortjorden, puis découvre des cascades qui dévalent la falaise de Brattlandsdalen.

Peu avant d’arriver à l’hôtel, je passe près du pont d’Hardanger, sans faire le détour pour le traverser. Malgré tous ces paysages splendides, je suis soulagé d’atteindre enfin l’hôtel. Je prends une bonne douche, je savoure un bon repas et je profite d’une bonne nuit de sommeil.


E5 Eidfjord - Gaupne N (295 km)

11.06.2025

Météo : soleil et nuage


Deuxième nuit en Norvège. Après avoir pris le petit-déjeuner, je consulte la météo, celle-ci correspond à ce qui avait été annoncé la veille : enfin une bonne nouvelle, le soleil est au rendez-vous, accompagné de quelques nuages. Une fois la moto chargée, je prends la route en direction de Geilo. Les premiers kilomètres se déroulent sur la route touristique de Hardangervidda (3), longue de près de 85 km, qui suit le parcours du célèbre Norseman Xtreme Triathlon.

Cette route traverse des paysages magnifiques : lacs, fjords, glaciers, montagnes. À certains endroits, on aperçoit des piquets à neige de quatre mètres de haut, plantés juste au bord de la chaussée, preuve des hivers rigoureux. La température est fraîche en ce début de journée, mais grâce à un bon équipement, les conditions restent tout à fait correctes pour rouler.

Je m’arrête pour une courte pause au bord du lac Skiftessjøen, perché à 1 240 mètres d’altitude. Peu avant, j’ai traversé des nuages menaçants et quelques flocons de neige sont tombés. Il fait à peine 5 degrés, je ne m’attarde pas et reprends la route.

Je continue jusqu’à Hagafossen, où je quitte la route 7 pour suivre la route 70 en direction de la prochaine route touristique : Aurlandsfjellet (5). Je traverse le tunnel de Berdltunnelen, impressionnant par son obscurité et sa longueur. À Aurlandsvangen, je m’arrête dans une station-service pour faire le plein et manger une pizza. Avec mon anglais très basique, j’échange quelques mots avec un motard venu d’Angleterre. Nous parlons de notre voyage, etc.

Je poursuis mon parcours sur la route touristique d’Aurlandsfjellet (5), longue de 48 km. Elle culmine à 1 300 mètres et passe au-dessus du plus long tunnel routier du monde : le tunnel de Lærdal, qui s’étend sur 24,5 km. De nombreux points de vue jalonnent le trajet, dont le célèbre Stegastein, une plateforme qui s’avance de 30 mètres depuis le flanc de la montagne. Malheureusement, je ne m’y arrête pas, faute de place. Au sommet, il reste encore pas mal de neige sur les côtés de la route, ce qui donne un charme particulier au paysage.

J’entame ensuite la descente pour rejoindre le ferry entre Fodnes et Mannheller, une traversée de 4 km. À la sortie du ferry, je continue sur la route 5 en direction de Gaupne, toujours accompagné de paysages splendides le long des fjords. Pour ce soir, j’ai réservé un hytte dans un camping. Le propriétaire étant aussi hôtelier, je dois passer à l’hôtel pour récupérer la clé. Sur le parking, je fais la connaissance d’un couple de Français qui voyagent à moto, eux aussi en route vers le Cap Nord. Nous discutons de nos façons de nous héberger. J’explique que je viens chercher la clé du hytte que j’ai réservé. Nous comparons les prix entre hôtel et hytte, et nous en concluons que si l’on ajoute le petit-déjeuner et les draps, l’hôtel ne revient finalement pas beaucoup plus cher.

Cette discussion me fait réfléchir : je demande à la réception s’il est possible de prendre une chambre d’hôtel à la place du hytte. Le changement est accepté, et ce soir, je dormirai à l’hôtel. Le soir venu, je partage le repas avec le couple de Français. Nous échangeons sur nos vies, nos régions d’origine et nos itinéraires. Nous parlons du site du cercle polaire : eux ont prévu d’y passer, moi non. Cela me fait réfléchir… Finalement, je décide de modifier mon itinéraire pour y aller aussi.

Le temps passe vite, et il est déjà l’heure d’aller se reposer et de profiter d’une bonne nuit de sommeil.


E6 Gaupne - Andalnes N (397 km)

12.06.2025

Météo : journée ensoleillée


Au réveil du sixième jour, le soleil est présent. Je prends le petit déjeuner avec Jean-Luc et Arlete. Nous chargeons nos motos et échangeons quelques mots avant de partir. On se dit qu’on se reverra peut-être sur la route. Puis il est temps de partir.

Je roule sur la route 55 qui longe le fjord Lustrafjorden. À plusieurs endroits, je vois des petites îles au milieu du fjord. Ensuite, j’arrive sur la route touristique du Sognefjellet (8), longue de 108 km, qui mène jusqu’à Lom, un village connu pour son église en bois. Cette route est à 1 434 mètres d’altitude et offre de très beaux paysages : montagnes, fjords… Il reste encore beaucoup de neige. Au sommet, je vois des gens faire du ski nordique, certains même torse nu. La route est fermée en hiver, de novembre à mai.

Pour la pause de midi, je m’arrête à Lom et mange un hot-dog, le classique des stations-service en Norvège. Puis je repars vers Grotli, le point de départ de la route touristique Gamle Strynefjellsvegen (10). Elle fait 27 km et rejoint Videsæter. Cette route n’est pas goudronnée, elle est en cailloux. Je préfère ne pas la prendre seul, car j’ai peur d’une crevaison, même si j’ai le matériel pour réparer. Je la contourne en longeant le lac Breiddalsvatnet jusqu’à Folva, ce qui me permet de voir l’arrivée de la route que je n’ai pas prise.

Je continue vers Eidsdal pour prendre le ferry jusqu’à Linge. Sur le chemin, je traverse le village de Geiranger, avec ses magnifiques points de vue sur le fjord du même nom. À Linge commence la route touristique des Trolls (11). Malheureusement, j’ai appris en préparant mon voyage qu’elle est fermée jusqu’à mi-juillet pour cause d’éboulements. J’aurais pu en faire une partie, mais cela aurait ajouté trop de kilomètres, alors j’ai renoncé.

Il me reste environ 100 km pour rejoindre Åndalsnes. Une partie du trajet se fait sur la route 650, le long du fjord Storfjord, en passant par les villages de Stordal, Vaksvika, puis Sjøholt. À Tresfjordbrua, je traverse le pont du même nom, long de 1,3 km, pour rejoindre Vikebukt. Le temps devient plus nuageux, et je suis content d’arriver doucement à destination pour me reposer. Ce soir, je dors dans une chambre d’hôte à Åndalsnes, au bord de la rivière Rauma. Comme je ne peux pas manger chez l’habitant, je me suis arrêté un peu avant dans une station-service pour prendre un repas.

Avant de monter dans la chambre, j’en profite pour sortir ma tente et la mettre au sol pour qu’elle sèche bien, car lors de ma troisième nuit, je n’avais pas pu le faire.


E7 Andalnes - Trondheim N (361 km)

13.06.2025

Météo : journée ensoleillée


Pour cette nouvelle journée de 367 km, le soleil m’accompagne du matin au soir. La route 64 longe le fjord Romsdals sur ma gauche et les montagnes sur ma droite. Je profite pleinement de cette vue splendide. Après une trentaine de kilomètres, j’arrive au village de Åfarnes, où un ferry m’attend pour traverser le Langfjorden jusqu’à Sølsnes, une courte traversée de 3 km.

Une fois débarqué, je continue sur la route 64. Je passe le pont Bolsøybrua, qui relie l’île de Bolsøya, puis j’emprunte le tunnel Fannefjord, qui passe sous la mer et permet de rejoindre le continent.

En arrivant dans le village de Bud, quelque chose attire mon regard : dans une zone herbeuse près de la mer, je vois des canons, des phares, une hélice de bateau et d’autres objets anciens. Après une petite recherche, j’apprends qu’il s’agit du Bud Kystmuseum, un musée consacré à la Seconde Guerre mondiale, avec une forteresse allemande creusée dans la roche et une belle vue sur l’océan. Je prends quelques photos et je profite du paysage.

En repartant, je sens monter l’impatience : la route touristique de l’Atlantique (12) commence ici, avec son célèbre pont Storseisundet. Je suis la route 6060 qui longe la mer de Norvège jusqu’à Vevang. À partir de là, pendant environ 8 km, je roule sur une route entourée par la mer des deux côtés, jusqu’au fameux pont.

Le Storseisundet est connu pour sa courbe impressionnante, qui donne l’impression qu’il plonge dans la mer. C’est le plus long des huit ponts de l’Atlanterhavsveien. Il relie plusieurs petits îlots entre Averøy et le continent. Bien sûr, je fais l’aller‑retour pour profiter du moment et prendre des photos. Je m’arrête aussi dans un magasin de souvenirs pour acheter quelques objets.

Je reprends ensuite la route vers Kårvåg. À partir de là, je traverse une zone boisée sur plusieurs kilomètres jusqu’à Bremsnes. À Øksenvå commence le tunnel de l’Atlantique, long de 5,7 km et descendant à 250 mètres sous la mer. Il me mène jusqu’au village de Kristiansund.

Je continue jusqu’au ferry entre Kanestraum et Halsa ferjekai. J’embarque avec une dizaine de motards espagnols pour une traversée de 5 km. La fatigue commence à se faire sentir, mais il me reste encore une centaine de kilomètres avant d’arriver à Trondheim. Heureusement, la route longe le fjord de Vinje et offre de très beaux paysages.

Cela fait sept jours que je suis parti. Nous sommes vendredi, et le lendemain sera une journée de repos. Je ne roule pas.


Repos (Trondheim)

14.06.25

Météo : journée ensoleillée


Le samedi, je ne roule pas : ce sera un jour de repos. J’en profite pour laver mon linge et tester mon sac à laver. Il fonctionne très bien, je ne regrette pas de l’avoir acheté.

Dans la journée, je m’occupe de la moto : contrôle du niveau d’huile, graissage de la chaîne, nettoyage des phares et de la bulle de protection. Dans l’après-midi, je visite la zone commerciale près de l’hôtel. Ce jour de pause me permet aussi de revoir mes itinéraires. Après avoir rencontré Jean-Luc, je décide de passer par le cercle arctique.


E8 Trondheim - Høylandet N (299 km)

15.06.2025

Météo : journée ensoleillée


Nous sommes dimanche. Après une journée de repos à Trondheim, je me prépare à reprendre la route pour la huitième étape, en direction de Høylandet, situé à environ 245 kilomètres. Le soleil brille et j’en profite pleinement pour profiter de cette belle journée. Hier soir, en consultant les prévisions météorologiques, j’ai appris que la pluie était annoncée pour les prochains jours.

Je quitte Trondheim en suivant la route E6 qui longe le fjord, en direction de Hell. Cette route, qui relie le sud du pays au nord, est très fréquentée par de nombreux camions. Je les observe, impressionné par leur taille imposante. Peu après Skatval, sur ma gauche, j’aperçois de jolies petites îles : Skarvholman, Furholmen et Saltøya. Chaque kilomètre parcouru est un plaisir.

Après environ 80 kilomètres, je m’arrête pour faire une pause près de Gråmyra, à proximité de Levanger. L’endroit est magnifique : je me repose à l’ombre des arbres, tout en admirant la splendide vue sur le fjord. Puis je reprends la route vers Verdalsøra, puis Røra, et traverse le petit village de Hylla, posé au bord de l’eau. Je prends le temps d’admirer le paysage, car l’étape du jour étant plus courte, je peux me permettre quelques détours par rapport à l’itinéraire initial. Je fais ainsi le tour du lac de Hjelibotn, près de Fosnes, et découvre le magnifique pont de Breitstadsund.

Je poursuis ensuite sur la route 17 en direction de Namsos, puis Skogmo. Me voilà en pleine campagne, entouré de champs et de forêts des deux côtés de la route. Avant la fin de la journée, je repère un bel endroit près du lac Grungstadvatnet pour installer ma caméra et filmer mon passage à moto, afin de garder un souvenir de cette étape.

Ce soir, je loge dans une maison d’hôtes. À mon arrivée, une dame très sympathique m’accueille et me remet la clé. Surprise : je suis seul dans cette grande maison. Pour le repas du soir, comme souvent en Norvège lorsqu’on ne séjourne pas à l’hôtel, il est difficile de trouver un restaurant. J’ai bien quelques plats lyophilisés, mais je n’en ai pas réellement envie. Une fois mes affaires rangées et ma douche prise, je marche quelques mètres jusqu’à une station-service, où je me contente d’un hot-dog accompagné d’une boisson.

Sur le parking, je remarque un camping-car immatriculé dans le canton de Berne. J’échange quelques mots avec son propriétaire, qui me confirme que c’est le dernier jour de beau temps avant l’arrivée de la pluie. De retour à la maison d’hôtes, je prends le temps d’adapter mon itinéraire pour le lendemain et de chercher un hôtel pour la nuit suivante.


E9 Høylandet - Mo i Rana N (287 km)

16.06.2024

Météo : pluie


Ce matin, au réveil, ce n’est pas une surprise lorsque je regarde par la fenêtre : la mauvaise météo annoncée est bien là. Je n’ai pas prévu de véritable petit-déjeuner, seulement quelques barres de céréales. Après avoir préparé toutes mes affaires, je dois trouver la motivation pour aller attacher tout cela sur la moto. La veille, je n’ai pas trouvé d’abri ni de garage pour la moto ; elle est restée sous la pluie.

Il pleut de toutes ses forces et j’essaie de tout empaqueter le plus rapidement possible. Une fois prêt, j’enfile mes vêtements de pluie et je pars pour une étape de 287 km, toujours sous pluie, sur l’E6 en direction de Mo i Rana.

Je parcours quelques centaines de mètres avant de m’arrêter à la station-service où j’ai pris mon repas la veille, j’ajoute de l’essence et me sers un café, puis je rencontre deux motards suisses du canton de Vaud avec qui j’échange quelques mots : ils sont sur le chemin du retour et nous nous souhaitons bonne route pour cette journée maussade.

Je reprends mon étape. Sous une pluie intense, je longe la rivière Namsen, réputée pour la pêche au saumon et longue de près de 200 km, avant qu’elle ne se jette dans la mer de Norvège. Vers midi, après environ 100 km, j’arrive au panneau annonçant l’entrée dans la région du Nord-Norge, l’axe principal qui traverse la Norvège du sud au nord.

Je roule encore quelques kilomètres vers Mosjøen où je prends une pause et un repas dans une station-service, il me reste une centaine de kilomètres avant l’hôtel et, si la météo avait été meilleure, j’aurais pu profiter des magnifiques paysages, des fjords et de la lumière, mais aujourd’hui c’est un jour comme ça, et malgré la pluie je reste globalement au sec grâce à mes vêtements, hormis un peu d’humidité infiltrée au niveau du cou ; je suis soulagé d’arriver enfin à Mo i Rana, à la première station-service, je fais le plein d’essence avant de rejoindre l’hôtel pour m’organiser et suspendre mes vêtements humides, puis le soir je commande une pizza « surgelée » au restaurant de l’hôtel.

En résumé c’est une journée de route sous une pluie ininterrompue dont le seul moment sans pluie se trouve dans les tunnels.


E10 Mo i Rana - Bodø N-S (280 km)

17.06.2025

Météo : pluie avec accalmie


Parcours de 280 km entre Mo i Rana et Bodø. Durant la nuit, je consulte à plusieurs reprises la météo : seules quelques gouttes tombent, rien d’inquiétant. Mais au réveil, la pluie est bien présente. Comme la veille, je m’équipe pour une nouvelle journée humide.

Cette étape n’était pas prévue ainsi lorsque j’avais planifié mon voyage. L’idée est née en discutant avec Arlette et Jean-Luc, un couple de Français rencontré dans un hôtel lors de l’étape 5. Ils voulaient passer par le Cercle Arctique, un passage que je n’avais pas envisagé. La veille au soir, je décide donc de modifier mon itinéraire pour y passer.

Je m’engage sur la route E6, mouillée, en direction du Cercle Arctique. Les paysages sont magnifiques. Sur la route, je croise de nombreux camions ; à chaque croisement, ils projettent une forte humidité. Cette portion du trajet ne comporte qu’un fjord, en fin d’étape. Peu à peu, je monte en altitude : la neige est encore présente par endroits et la température reste fraîche, presque hivernale.

À mon arrivée au Cercle Arctique, je découvre un parking rempli de motos. C’est impressionnant de voir cet endroit en vrai, moi qui ne l’avais connu qu’à travers des photos ou des reportages télévisés. Pour me réchauffer, je fais une pause et commande une boisson chaude au restaurant. Je m’installe à côté d’un couple de motards et nous échangeons quelques mots. L’endroit dispose aussi d’un magasin de souvenirs. Nous nous organisons pour visiter à tour de rôle la boutique tout en gardant nos places au restaurant. Après quelques photos, il est temps de reprendre la route.

En consultant la carte, je remarque que la frontière suédoise n’est pas loin. J’en profite pour faire un crochet : un aller-retour qui ne représente pas plus de 30 km. À la frontière, je colle fièrement le drapeau de la Suède sur une sacoche de ma moto.

À la mi-journée, après un repas dans un restaurant, la pluie se calme enfin. Un petit coin de ciel bleu apparaît, à peine deux mètres carrés, et la route devient sèche par endroits. Mais plus tard, la pluie revient, fidèle au rendez-vous. À l’approche de Bodø, je longe le fjord Skjerdad sur près de 80 km.

Je choisis Bodø comme fin d’étape car, le lendemain, je prévois de prendre le bateau pour rejoindre les îles Lofoten, si la météo le permet. Après avoir pris ma chambre et apprécié une bonne douche, je pars à pied en ville pour prendre un repas chaud. Ce soir, ce sera une spécialité thaïlandaise. En raison de la pluie et de la fraîcheur, je ne visite pas la ville ; je préfère retourner à l’hôtel pour me reposer et préparer la suite de mon voyage.


E11 Bødo- Gratangen N (363 km)

18.06.2025

Météo : pluie


Je suis arrivé à Bodø la veille, en espérant que le temps me permette d’aller aux îles Lofoten. Mais ce n’était pas le cas. Dès que je quitte l’hôtel, la pluie tombe sans arrêt. En plus, les protections de mes bottes se cassent et je ne peux pas en trouver à Bodø. Tant pis, je ferai sans, mes bottes sont en Goretex.

Heureusement, il y a un moment agréable : après 190 km, je retrouve par hasard Jean-Luc et son amie dans une station-service à Innhavet. Nous nous sommes rencontré quelques jours plus tôt dans un hôtel à Gaupne. Nous roulons ensemble pour le reste de la journée. Sur le ferry entre Bognes et Skarberget, nous parlons de l’idée de faire un bout de route ensemble. Finalement, nous décidons de voyager ensemble pour les prochains jours.

Les jours précédents, je regrettais de ne pas avoir offert un autocollant que j’avais créé pour ce voyage. Sur le ferry, je le donne à Jean-Luc et nous le collons sur sa moto. Ce soir, nos hôtels sont déjà réservés, alors nous allons chacun de notre côté. Demain, nous dormirons au même hôtel et continuerons la route jusqu’au Cap Nord. Un peu avant Narvik, nous nous séparons : ils vont vers leur hôtel.

Narvik est une ville portuaire importante en Norvège. Elle sert à exporter le minerai de fer suédois grâce au chemin de fer d’Ofot. Elle est devenue une ville moderne en 1902 et a joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale.

Avant d’arriver à mon hôtel, je traverse le pont Hålogalandsbrua, un très beau pont qui passe au-dessus de l’Ofotfjord. Je ne peux pas m’arrêter pour prendre des photos, car il est interdit de stationner. Heureusement, j’ai des images provenant de ma caméra.

Pour la nuit, j’ai trouvé une chambre dans une auberge de jeunesse. Le réfectoire est ouvert à tout le monde. Pendant le repas, je rencontre un père et son fils venus de Pologne pour visiter la Norvège. Nous parlons en allemand. Plus tard, un jeune couple de Français arrive. Nous discutons aussi de nos voyages. Ils connaissent bien la Norvège et viennent même en hiver. Ils me conseillent de revenir à cette saison.

Un peu plus tard, un groupe de personnes d’origine asiatique arrive et commence à cuisiner comme chez eux. C’est amusant à voir. Voyager seul me permet de faire plus de rencontres. Malgré ces bons moments, la pluie a rendu cette étape l’une des moins agréables à moto.


E12 Gratangen - Sørstraumen N (330 km)

19.06.2025

Météo : nuageux, sans pluie mais froid (6°)


Une journée qui commence bien différemment de ce que j’avais imaginé… Après le réveil, je décide, pour éviter les allers-retours entre la chambre et la moto, de prendre tout mon matériel en une seule fois. Mauvaise idée : cette décision se révèle être une perte de temps et, malheureusement, d’argent. En voulant tout porter d’un seul coup, je fais tomber mon ordinateur. Résultat : l’écran est abîmé, il a une fissure, il fonctionne encore, je l’utilise pour décharger mes photos et mes vidéos, mais aussi pour modifier les itinéraires avant de les transférer sur le GPS.

Mais revenons à l’essentiel. Aujourd’hui, je parcours environ 330 kilomètres entre Gratangen et Sørstraumen, en suivant la route E6. Cette route est magnifique : elle longe les fjords sur plusieurs kilomètres, offrant des panoramas à couper le souffle et d’impressionnantes cascades. La météo, quant à elle, reste clémente : aucune pluie à l’horizon, mais une fraîcheur bien présente qui rappelle que nous sommes loin des températures estivales.

Dans l’après-midi, je retrouve Arlette et Jean-Luc. Nous décidons de rouler ensemble pour le reste de l’étape. La veille, nous avions pris soin de réserver un hôtel à Sørstraumen pour ce soir, et nous ne regrettons pas notre choix : depuis l’hôtel, la vue sur le fjord de Kvænangen est tout simplement magnifique. Nous y passons une soirée des plus agréables, partagée entre un bon repas, des échanges passionnants et des moments conviviaux.

En repensant à la veille, je me souviens avoir traversé le pont de Hålogalandsbrua. Je demande à Jean-Luc s’il a réussi à prendre des photos, car je n’ai pas pu m’arrêter pour immortaliser ce passage. Lui, plus malin, simule une panne et s’arrête sur le pont pour le photographier.


E13 Sørstraumen - Honningsvag N (330 km)

20.06.2025

Météo : légère pluie, nuageux, vent et froid, 3 degrés

Après notre petit déjeuner, nous nous préparons pour la treizième étape, qui fait 390 kilomètres et relie Sørstraumen à Honningsvåg, ce qui constitue l’avant-dernière étape avant l’arrivée au Cap Nord. Une grande partie du trajet se déroule sur la route E6, et en passant Alta, il ne reste plus que 200 kilomètres jusqu’à notre destination. La région est très désertique mais magnifique, et il fait froid, pas plus de 3 degrés, tandis que par endroits apparaissent des résidus de neige. Les rafales de vent sont si fortes qu’il faut constamment veiller à garder la moto droite et parfois corriger la trajectoire.

Dans une station-service, nous faisons le plein, mangeons un petit encas et nous nous réchauffons un peu avant de reprendre la route. Avant d’arriver à notre hôtel de Honningsvåg, nous traversons le Nordkapptunnelen, un tunnel qui mesure 7 kilomètres, descend à 210 mètres sous le niveau de la mer avec une pente de 9 %, et à l’intérieur la température est basse.

Lorsque nous approchons de l’hôtel, nous nous demandons si nous allons au Cap Nord aujourd’hui, mais face aux conditions météorologiques, nous décidons de ne pas y aller et préférons rejoindre directement l’hôtel pour nous reposer, nous irons au Cap Nord demain. Le village de Honningsvåg est une porte d’entrée vers le site du Cap Nord, et le port accueille le navire norvégien Hurtigruten, qui transporte des marchandises le long des côtes et sert aussi au voyage de passagers en croisière, d’autres grands ferries de croisière y accostent également. L’hôtel est presque plein, nous profitons de notre soirée et nous nous réjouissons du lendemain.


Le Cap Nord

21.06.2025

Météo : nuageux, sans pluie, mais froid (3°)


Ce samedi 21 juin 2025, nous quittons notre hôtel à Honningsvåg pour rejoindre le Cap Nord, situé à une quarantaine de kilomètres. Sous un ciel nuageux et une température froide de seulement 3 °C, nous arrivons sur place vers 10h55.

Après trente-cinq ans d’attente, treize jours de voyage depuis Neyruz et 5 080 kilomètres parcourus, je réalise enfin mon rêve : me tenir devant le globe, à l’extrémité nord de l’Europe.

Sur le site, nous profitons de l’instant pour immortaliser ce moment par quelques photographies. Nous nous plaçons à un endroit précis, car une caméra automatique prend une photo toutes les dix minutes, consultable ensuite sur le site du Cap Nord.

Malgré les règles interdisant l’accès aux véhicules, un car se gare à l’endroit où les clichés sont pris. Par chance, nous sommes tout de même photographiés.

Nous rencontrons une cycliste qui a parcouru la distance entre le Cap Sud et le Cap Nord en 180 jours. Sur le chemin du retour vers l’hôtel, nous faisons un détour par le village de Skarsvåg, l’un des plus petits villages de pêcheurs au monde, situé à seulement quatorze kilomètres du Cap Nord. Malheureusement, nous ne pouvons pas y déguster un repas local, le restaurant affichant complet.

De retour à Honningsvåg, nous visitons le village, achetons quelques souvenirs et réservons une table au restaurant SNOY, qui propose des spécialités locales pour le repas du soir.

Avec Jean-Luc, nous nous posons la question suivante : devons-nous remonter au Cap Nord pour voir le soleil de minuit ? Vu la météo peu favorable ce jour-là, nous décidons de ne pas y retourner. C’est un peu dommage, mais cela fait partie du voyage. De plus, il n’est plus possible d’accéder au site à moto devant le globe.

En conclusion, je ne peux que remercier mon amie de m’avoir encouragé et motivé à entreprendre ce voyage inoubliable.


E14 Honningsvag - Sørstraumen N (330 km)

22.06.2025

Météo : légèrement couvert, passage ensoleillé et frais


Ce matin, nous chargeons nos bagages sur la moto et nous entamons le retour. Vu la météo des prochains jours, nous prenons la direction des îles Lofoten. Cette étape ressemble à celle de notre treizième journée, mais en sens inverse, entre Honningsvåg et Sørstraumen. Nous traversons à nouveau le tunnel Nordkapptunnelen.

La météo est fraîche. Malgré cela, nous profitons des magnifiques paysages le long du fjord Porsanger et de l’Altafjord. La vue est totalement différente par rapport à l’étape 13, lorsque nous passons par cette même route dans l’autre sens. À partir d’Alta, le soleil finit par percer et nous gagnons quelques degrés.

Nous faisons halte dans une station-service pour remplir nos réservoirs et prendre un petit repas. Une fois de plus, c’est une saucisse. Là, nous rencontrons deux personnes francophones : un père et son fils originaires du Congo, installés en Norvège depuis plusieurs années. Ces rencontres sont toujours un plaisir.

Le soir, nous passons la nuit dans le même hôtel que le jeudi 19 juin 2025, lors de l’étape 13. Au dîner, nous remarquons que certaines personnes présentes à l’hôtel de Honningsvåg se trouvent également dans cet établissement.


E15 Sørstraumen - Finnsnes N (329 km)

23.06.2025

Météo : ensoleillé


Nous quittons Sørstraumen pour un trajet de 329 km jusqu’à Finnsnes. Les jours suivants, nous voulons rejoindre les îles Lofoten. Ce parcours n’est pas nouveau pour moi : je l’ai déjà fait lors de l’étape 12. Aujourd’hui, la météo est plus clémente que la dernière fois. Sur la route, nous prenons deux ferries : d’abord entre Oderdalen et Lyngseidet, puis entre Svensby et Breidvik.

Nous faisons un détour pour visiter Tromsø. En arrivant, nous garons nos motos sur une place pour voitures. Après une courte promenade le long du port, nous nous installons à une terrasse pour le repas de midi. L’intérieur du restaurant est joliment décoré, et il se trouve au bord de l’eau avec une belle vue sur le pont de Tromsø. Petite surprise : j’aperçois Guy Parmelin (Conseiller fédéral) qui passe devant la terrasse. Une rapide recherche sur Internet confirme qu’il est bien en visite à Tromsø ce jour-là.

Après le repas, nous retournons aux motos pour reprendre la route. Surprise ! Une amende de 666 NOK (environ 55 francs) sur chaque moto. C’est notre faute : nous n’avons pas payé le parking.

En fin de journée, avant d’arriver à notre maison d’hôtes, nous faisons un arrêt au supermarché pour acheter de quoi préparer le repas. Ce soir, Jean-Luc cuisine des pâtes avec une sauce tomate. La maison d’hôtes est idéalement située, juste au bord de la mer : un vrai bonheur ! La journée a été très ensoleillée, et cette chaleur ça fait vraiment du bien.


E16 Finnsnes- Sortland N (225 km)

24.06.2025

Météo : ensoleillé


Ce matin, après avoir pris notre petit-déjeuner, nous prenons nos motos et nous nous mettons en route en direction de Finnsnes, avec pour objectif d’atteindre le port de Gryllefjorden afin de rejoindre les îles Lofoten, endroit que nous attendions avec impatience. Le trajet jusqu’au port dure environ trente minutes, et nous faisons bien attention à ne pas perdre de temps, car il n’y a que trois ferrys par jour, et celui-ci ne circule que pendant la saison estivale.

Une fois à bord, nous attachons soigneusement nos motos, tandis que le personnel du ferry nous avertit qu’il y a un vent fort en mer. Dès que nous nous éloignons de la côte, la mer devient très agitée, ce qui nous inquiète un peu, car nous espérons que nos motos sont bien fixées. Après une traversée d’une heure et quarante minutes, nous arrivons enfin à Andenes, situé au nord des îles Lofoten.

Depuis Andenes, nous reprenons la route et longeons la côte ouest des îles Lofoten en suivant la route touristique Andøya (15), qui longe la mer et les montagnes. Les paysages sont absolument magnifiques : les vues sur l’Atlantique sont admirables avec des plages de sable jaune et l’eau transparente, d’un bleu turquoise, ressemblent étrangement à celles des Maldives. Le trajet est d’autant plus agréable avec un soleil présent, rendant la journée parfaite pour rouler. Après avoir parcouru environ 225 kilomètres sur ces belles routes, nous atteignons notre hôtel à Sortland, où nous passerons la nuit. Cette ville, qui compte près de dix mille habitants, se trouve dans la région des îles Vesterålen. On y observe souvent des baleines, mais malheureusement, nous n’avons pas eu cette chance, car la meilleure période pour les apercevoir commence en octobre.


E17 Sortland - Leknes N (178 km)

25.06.2025

Météo : nuageux, légèrement ensoleillé


Aujourd’hui, journée de 178 km entre Sortland et Leknes, toujours au cœur des îles Lofoten, en suivant la route touristique Lofoten (14). Nous traversons en ferry entre Melbu et Fiskebol. Le paysage est magnifique : fjords, petites montagnes, ports, et ces maisons colorées qui donnent tant de charme à la région.

À un moment de la journée, un élan surgit de la forêt et se dirige vers la route. Il passe juste devant la moto de Jean‑Luc, heureusement sans accident. J’ai le temps d’enclencher ma caméra pour immortaliser la scène.

En fin de journée, nous cherchons pendant un long moment l’appartement que nous avons réservé pour la nuit, sans comprendre pourquoi il est si difficile à trouver.

Ce n’est clairement pas le meilleur logement de notre voyage. Nous avons un code pour récupérer la clé de la porte d’entrée, et nous devons la remettre au même endroit si nous sortons, afin que les autres locataires puissent entrer. L’appartement compte trois chambres pour six personnes, avec un petit séjour et une cuisine. La douche n’a plus de porte. Nous devons faire nos lits nous‑mêmes, et le matin, les défaire. Dans la corbeille à linge sale, nous trouvons encore le linge des locataires précédents. Bref, un endroit à éviter.

Ce soir marque notre dernière soirée avec Arlette et Jean‑Luc rencontré il y a quelques jours. Nous échangeons nos adresses et nous nous disons au revoir. Eux redescendent par la côte ouest de la Norvège. De mon côté, je dois rentrer : je reprends le travail le 07.07.25 et je ne veux pas prendre le risque de ne pas arriver à temps.


E18 Leknes - Mo i Rana N (386 km)

26.06.2025

Météo : Soleil


Ce matin, je me lève plus tôt que d’habitude. J’en profite pour dire une dernière fois au revoir à Arlette et Jean‑Luc, avec qui je partage la route depuis six jours. À partir d’aujourd’hui, je reprends la route en solitaire. Ces moments passés ensemble sont vraiment agréables, et je mesure la chance d’avoir fait cette rencontre.

Vers 7h, je quitte Leknes pour parcourir environ 60 km jusqu’à Moskenes, afin d’y prendre le ferry pour Bodø. Une fois encore, les routes sont splendides, serpentant entre fjords et montagnes, toujours sur la route touristique des Lofoten (14). Le soleil brille, la météo est parfaite, et la température très agréable. J’ai toutefois un petit regret : ne pas avoir pris le temps de visiter le village de Å, situé tout au bout des îles Lofoten.

Après plus de trois heures de traversée, je débarque à Bodø et prends la direction du sud. Ce tronçon m’est familier : je l’ai emprunté lors de l’étape 10, mais cette fois sous un ciel dégagé, et non sous la pluie. Peu avant le Cercle Arctique, j’ai la surprise de croiser une femelle renne et son petit. Le jeune, effrayé, tente de s’engager sur la route. J’ai le réflexe de sortir le genou pour me protéger, mais heureusement, il rebrousse chemin.

Je m’arrête une seconde fois au Cercle Arctique pour prendre quelques photos sous le soleil.

Après 386 km, j’atteins Mo i Rana. L’hôtel dans lequel j’ai passé la nuit, je le connais pour y avoir séjourné lors de l’étape 9.

Arrivé en fin d’après‑midi, j’en profite pour effectuer un contrôle et un petit entretien de la moto. Le soir, je vais manger dans une pizzeria du village.


E19 Mo i Rana - Hell N (449 km)

27.06.2025

Météo : pluie et nuage


Ce matin, je quitte Mo i Rana pour parcourir 450 km jusqu’à Hell, près de Trondheim. Au départ, il fait beau, mais après 20 km, la pluie commence. Je mets donc mon équipement de pluie. Même sous la pluie, j’apprécie les magnifiques paysages : des montagnes et des fjords bleus qui scintillent malgré le mauvais temps. L’air est frais et je sens un peu le froid, mais cela ne gâche pas le plaisir du voyage.

Je suis la route E6 et passe par Mosjøen et Trofors. Je repasse alors dans la partie sud du pays, dans la région de Trøndelag. Je poursuis ensuite vers Steinkjer et Levanger. Après plusieurs heures sous la pluie, j’atteins enfin Hell. Je dors à l’hôtel Scandic, où je peux me réchauffer et faire sécher mes vêtements de pluie. Le soir, je mange un bon hamburger, un vrai réconfort après une journée pluvieuse.

Cette journée illustre à quel point la nature du Nord conserve sa beauté, même sous la pluie et dans la fraîcheur.


E20 Hell - Hamar N (451 km)

28.06.2025

Météo : nuage et pluie, puis le soleil l'après-midi


Ce matin, en me réveillant, le soleil brillait à travers la fenêtre.

Après le petit‑déjeuner, j’ai chargé la moto avec mes bagages et me suis préparé à partir. Juste avant de prendre la route, la pluie s’est mise à tomber. J’ai donc sorti mes vêtements de pluie et repris la route sous une météo capricieuse. Direction Hamar : 451 km, toujours sur la route E6.

C’est une étape de transition, faite de longues lignes droites, mais les paysages restent superbes, surtout en longeant le lac Losna.

Lors de la préparation du voyage, je voulais passer par Lillehammer pour voir le site des Jeux Olympiques de 1994. Je n’avais pas pu l’inclure, car cela faisait trop de détours. Mais à cause d’une météo moins clémente que prévu, j’ai dû modifier mon itinéraire et finalement, je suis passé par Lillehammer. J’en ai profité pour m’arrêter, admirer les tremplins de ski et prendre quelques photos. J’aurais aimé y passer plus de temps, mais le planning était serré.

Dans l’après‑midi, le soleil est revenu, rendant la suite du trajet plus agréable.

J’ai traversé le pont Mjøsa, puis continué sur l’E6 qui longe le fjord du même nom sur environ 70 km. Ce soir, je dors à l’hôtel Scandic.


E21 Hamar - Mölndal N - S (432 km)

Météo : ensoleillé et température agréable


Aujourd’hui, 21ème étape, c’est un jour un peu spécial : c’est aussi l’anniversaire de mon fils. Dès aujourd’hui, il peut commencer la conduite accompagnée, une étape importante pour lui.

Je pars de Hamar pour une étape de 432 km en direction de Mölndal. Je longe le lac Losna par la route E6, une belle route bordée de forêts et de collines, jusqu’à Lillestrøm, une ville située près d’Oslo. Comme tous les jours, je découvre de magnifiques paysages, avec une température agréable et quelques rafales de vent.

Je continue sur la route 22. J’ai choisi cette route pour éviter Oslo, et je ne regrette pas : elle traverse la campagne norvégienne, sinueuse et tranquille, très appréciée des motards.

En fin d’après-midi, je quitte la Norvège et entre en Suède à Seläter. Je retrouve la route E6, un peu trop éloignée du bord de mer pour voir la mer du Nord, mais l’ambiance reste agréable. Passionné de camions, je prends plaisir à observer les poids lourds sur la route. J’ai croisé un porteur à deux essieux attelés à une remorque à cinq essieux, impressionnant.

Je termine la journée au Scandic Hôtel de Mölndal, près de Göteborg, pour une nuit bien méritée.


E22 Mölndal - Sakskobing S - DK (455 km)

30.06.2025

Météo : ensoleillé


Aujourd’hui, je roule surtout sur l’autoroute, 455 kilomètres entre Mölndal, en Suède, et Sakskøbing, au Danemark. C’est une étape assez monotone, mais je prends quand même plaisir à doubler de gros convois de camions, certains avec plus de huit essieux — impressionnant à voir. Le moment fort de la journée, c’est le passage sur le pont de l’Øresund, inauguré en 2000. Il relie Malmö à Copenhague, et c’est une construction impressionnante : d’abord un pont au-dessus de la mer, puis un tunnel qui passe en dessous. Une belle expérience. À l’heure de la pause de midi, je profite pour manger le hot dog traditionnel vendu dans les stations-services.

En traversant le détroit de Storstrøm, je m’arrête sur l’île de Farø, entre Seeland et Falster. C’est une aire de repos d’autoroute, mais l’endroit est vraiment charmant. De là, j’admire le superbe pont de Storstrøm.

Je reprends ensuite la route jusqu’à Sakskøbing, où je dors ce soir. C’est un joli village, avec une belle architecture et une ambiance paisible. Malgré les nombreux kilomètres sur l’autoroute, j’apprécie vraiment les paysages tout au long du trajet.


E23 Sakskøbing - Homberg DK - D (531 km)

Météo : ensoleillé


Une journée sous un magnifique soleil, je poursuis une nouvelle étape de mon retour vers la maison. 

Je parcours une trentaine de kilomètres en direction du port de Rødby, où je dois embarquer sur le ferry de 9h30 à destination de Puttgarden, en Allemagne. En attendant l’arrivée du ferry, je profite de l’instant pour échanger avec un motard danois qui s’apprête à rejoindre l’Espagne au guidon de son Harley-Davidson. 

Durant mon voyage, j’ai emprunté le ferry à plusieurs reprises, mais c’est la première fois que je peux utiliser un système de sangle efficace, qui me permet d’attacher la moto en toute simplicité. Les autres fois, je suis toujours tombé sur des sangles usées, peu fonctionnelles. 

Une fois le ferry parti pour une heure de navigation, je monte sur le pont afin d’admirer une dernière fois la mer. Pour les prochaines étapes, je n’aurai plus à prendre de ferry. 

Dès le débarquement, sous une chaleur que je n’avais pas connue ces dernières semaines, je reprends l’autoroute en direction de Homberg, où je passerai une nouvelle nuit à l’hôtel. 

Au cours de cette journée, j’ai été frappé par la quantité impressionnante de camions circulant sur l’autoroute. 


E24 Homberg - Teufen D - AUT - CH (549 km)

02.07.2025

Météo : ensoleillé


Ce matin avant de partir, je vérifie le niveau d’huile du moteur.

Le soleil brille haut dans le ciel, la météo est splendide. C’est une belle journée pour rouler. Cette étape me rapproche encore un peu plus de la maison.

Aujourd’hui, je relie Homberg, en Allemagne, à Teufen, en Suisse. Un long trajet de 549 kilomètres, entièrement sur autoroute : d’abord en Allemagne, puis en Autriche, avant d’entrer en Suisse.

La route est ponctuée de nombreux ralentissements, causés par les travaux sur les autoroutes allemandes. Si j’ai choisi de passer par l’Autriche, c’est pour éviter de traverser à nouveau les mêmes régions d’Allemagne.

Ce détour me permettra de profiter, lors de la prochaine étape, des belles routes suisses que j’attends avec impatience.

Pour être honnête, je ne suis pas mécontent d’arriver au bout de cette journée. L’étape n’était pas très passionnante, mais elle me rapproche du but.

Je savoure un bon repas au restaurant de l’hôtel, puis je prends le temps de bien me reposer.


E25 Teufen - Neyruz CH (421 km)

03.07.2025

Météo : ensoleillé, passage nuageux


Aujourd’hui est un grand jour : c’est le dernier de mon voyage de 27 jours. Une belle aventure touche à sa fin. Je vais enfin retrouver mon amie et mon fils que je n’ai pas vu depuis un mois.

Je quitte l’hôtel Anker, situé dans le canton d’Appenzell. Comme je l’ai mentionné dans l’article précédent, je veux garder un joli souvenir de ce voyage. Je souhaite le terminer en profitant des paysages suisses, plutôt que de rentrer par l’interminable autoroute allemande.

Les routes d'aujourd’hui ne me sont pas inconnues. Je les ai déjà parcourues plusieurs fois, elles me plaisent toujours autant. Je commence par traverser la région d’Appenzell, en passant par le col de Schwägalp. La route est sinueuse, entourée de forêts et de montagnes.

Je continue vers le lac de Zurich, puis le Walensee, dans le canton de Saint-Gall. Le paysage est magnifique. Je traverse le canton de Glaris et je franchis le col du Klausen. Là, je fais une pause et prends quelques photos.

Il fait beau, la route est agréable. En début d’après-midi, je poursuis mon trajet par le col de la Furka, puis celui du Grimsel. Ce sont de magnifiques cols, les vues qu’ils offrent sont belles.

A Meiringen, je prends l’autoroute qui longe le lac de Brienz, puis celui de Thoune. En arrivant à Berne, je réalise qu’il ne me reste plus que 30 minutes de route.

À mon arrivée, mon amie est là pour m’accueillir. Ce sont les retrouvailles. Quelques instants plus tard, mon fils rentre de l’école. Cela faisait un mois que j’étais parti. Les revoir tous les deux me fait du bien.

Le voyage est terminé, mais je rentre avec des souvenirs plein la tête.