10.06.2025
Météo : quelques gouttes de pluie, nuage et enfin un peu de soleil.
Ce matin marque la fin de ma toute première nuit passée sous la tente. Hier soir, alors que je m’apprêtais à me coucher, quelques gouttes de pluie ont commencé à tomber, puis, peu à peu, la pluie s’est intensifiée jusqu’à devenir régulière. Pendant la nuit, j’ai eu froid et je me suis réveillé pour enfiler la doublure de ma veste de moto, ce qui m’a apporté un peu plus de confort, mais sans vraiment rendre la nuit agréable. En résumé, ce n’était certainement pas la plus belle expérience de camping.
Pourtant, lors de la préparation de mon voyage, j’avais pris soin de m’équiper correctement : un lit de camp pliable pour éviter de dormir à même le sol, ainsi qu’un sac de couchage offrant une température de confort de quatre degrés. Malgré cela, la nuit fut fraîche.
Pendant que je fais ma toilette du matin, je ne peux m’empêcher de réfléchir à la suite : comment vais-je tenir les prochains jours dans ces conditions ? Le doute s’installe. Il faut que je range mes affaires, mais la pluie ne cesse de tomber. Je décroche les valises de la moto pour les mettre à l’abri, puis je commence à vider la tente en prenant soin de ne pas trop exposer mes affaires à l’humidité. Je fais des allers-retours entre la tente et les valises, en essayant de garder la chambre intérieure sèche afin de pouvoir la réutiliser le soir suivant. Je démonte d’abord l’intérieur, puis l’extérieur, avant de tout ranger dans le sac et de charger la moto.
Après deux heures de rangement, je peux enfin penser à ma journée. Je ne suis pas en forme et je me dis que je ne tiendrai pas quatre semaines comme ça. J’appelle mon amie pour lui parler de mes soucis, elle me conseille de dormir en priorité dans des hôtels, des maisons d’hôtes ou des hyttes, ces petits chalets de camping typiques. Cela me coûtera un peu plus cher, mais je peux me le permettre. En quelques minutes, je retrouve toute ma motivation et je commence à chercher un hôtel pour le soir. J’en trouve un à Eidfjord, dans le même village où je me rends.
Dans ma tête, tout redevient clair : je peux me concentrer sur ma journée, qui prévoit 334 kilomètres entre Sandnes et Eidfjord. Pour cette étape, j’avais prévu de monter au sommet de Preikestolen, cette célèbre falaise norvégienne qui domine le Lysefjord à 604 mètres d’altitude. Il faut environ deux heures de marche pour atteindre le sommet, et autant pour redescendre. Mais vu la météo, je dois me rendre à l’évidence : cette randonnée ne sera pas possible.
Depuis Sandnes, je prends la route vers Lauvvik pour embarquer sur le ferry en direction d’Oanes. C’est le premier ferry que j’utilise à l’intérieur du pays pour passer d’une route à l’autre. Le système est bien pensé et parfaitement organisé : sur le bateau, un employé passe et scanne la plaque d’immatriculation. Si le véhicule n’est pas enregistré en ligne, il facture le trajet et on règle le montant par carte ou smartphone.
Depuis le ferry, j’aperçois le pont Lysefjordbrua qui traverse le fjord. Une fois débarqué, je commence à suivre la route touristique Ryfylke, longue de 260 kilomètres. Vers le quarantième kilomètre : c’est là que j’aurais dû bifurquer à droite pour monter à Preikestolen. Mais la pluie est toujours présente, alors je continue sur cette route qui serpente entre les forêts et longe le fjord, offrant des paysages magnifiques.
À Hjelmeland, j’embarque sur le deuxième ferry de la journée pour rejoindre Nesvik, situé à seulement quatre kilomètres. Ensuite, je poursuis ma route vers Eidfjord, en empruntant la route touristique Hardanger, réputée pour ses panoramas et ses nombreuses cascades, dont la célèbre Latefossen.
En longeant le Lovrafjorden, j’ai une belle vue sur l’île de Lovrafjorde, avec ses maisons rouges aux fenêtres blanches, entourées d’arbres. Je profite de l’occasion pour faire un détour par le village de Sand, au bord du fjord, où je m’accorde une courte pause. Mais si je veux arriver à l’hôtel avant le soir, il est temps de repartir. Je longe le fjord Sortjorden, puis découvre des cascades qui dévalent la falaise de Brattlandsdalen.
Peu avant d’arriver à l’hôtel, je passe près du pont d’Hardanger, sans faire le détour pour le traverser. Malgré tous ces paysages splendides, je suis soulagé d’atteindre enfin l’hôtel. Je prends une bonne douche, je savoure un bon repas et je profite d’une bonne nuit de sommeil.

Carnet de route : lien
Hôtel
Eidfjord Hôtel
7 Lægreidsvegen
5783 Eidfjord
Norvège